| Nom | SOLCAN (ou SOLCANU), Luminita |
| Nationalité | Roumaine (Iași, nord-est de la Roumanie) |
| Âge aux faits | 35-36 ans (née circa 1969-1970) |
| Profession | Sans emploi stable — petits boulots successifs ; ancienne étudiante en électrotechnique |
| Religion | Catholique romaine (pratique obsessionnelle) |
| Situation familiale | Célibataire, fille unique, père décédé (circa 1998), mère Elena Solcanu en vie |
| Antécédents psy. | Fichée par le laboratoire de santé mentale de Iași depuis 2000 ; dépressions chroniques signalées |
| Identité | Frère Roger SCHUTZ (Roger Louis Schutz-Marsauche) |
| Né le | 12 mai 1915 à Provence (canton de Vaud, Suisse) |
| Qualité | Fondateur et prieur de la Communauté œcuménique de Taizé |
| Âge au décès | 90 ans |
Le 16 août 2005, lors de la prière du soir (vêpres) dans l'église de la Réconciliation de la communauté de Taizé, en présence de plus de 2 500 jeunes pèlerins, Luminita Solcan s'est introduite au milieu du chœur des Frères et a poignardé mortellement Frère Roger Schutz à l'aide d'un couteau.
L'arme du crime est un couteau Laguiole acheté la veille (15 août) dans un commerce de Cluny, à quelques kilomètres de Taizé. La meurtrière a été immédiatement maîtrisée par des témoins et remise aux gendarmes.
Luminita Solcan était arrivée en France le 14 août, seule, par avion depuis Bucarest via Lyon, après avoir vendu un studio hérité de sa grand-mère pour financer le voyage. Elle parlait français sans accent.
Délire paranoïde s'inscrivant dans une psychose schizophrénique (diagnostic convergent des deux dernières expertises).
Les déclarations successives de Luminita Solcan révèlent une évolution caractéristique du délire :
Cette succession d'explications contradictoires et délirantes est caractéristique d'une pensée paranoïde déstructurée.
| Expertise | Conclusion | Observations |
|---|---|---|
| 1ère | Responsabilité pénale retenue | Conclusion initiale, ultérieurement infirmée |
| 2ème | Irresponsabilité pénale | Délire paranoïde dans le cadre d'une psychose schizophrénique |
| 3ème | Irresponsabilité pénale (confirmation) | Altération totale des facultés mentales au moment des faits ; sujet non conscient de ses actes |
| Juridiction | Tribunal de grande instance de Mâcon |
| Procureur | Jean-Louis Coste |
| Avocat défense | Me Eric Braillon |
| Mise en examen | Août 2005 — Meurtre |
| Décision | Non-lieu psychiatrique (2007) |
| Motif | Art. 122-1 al. 1 du Code pénal — Altération totale des facultés mentales |
Suite au non-lieu, Luminita Solcan a été internée d'office au Centre Hospitalier Spécialisé de la Chartreuse à Dijon, sous contrainte et en longue durée, par arrêté préfectoral de placement d'office. Son état psychiatrique a été jugé toujours dangereux au moment de la décision.
Me Eric Braillon a indiqué son intention de demander un transfert de l'internement vers la Roumanie.
En 2011, Luminita Solcan, alors âgée de 41 ans, a elle-même été victime d'une agression dans sa chambre du CHS de la Chartreuse à Dijon : une autre patiente lui a porté 17 coups de couteau. Elle a survécu à cette agression.
La présence d'un couteau au sein d'un établissement psychiatrique fermé hébergeant des patients internés d'office — donc jugés dangereux — constitue une faille de sécurité majeure. Les unités de soins sous contrainte sont censées appliquer des protocoles stricts de contrôle des objets tranchants, coupants et contondants. Cet épisode soulève de sérieuses interrogations sur les conditions de sécurité et de surveillance au sein du CHS de la Chartreuse au moment des faits.
L'affaire Solcan présente plusieurs caractéristiques remarquables du point de vue de la psychiatrie criminelle :